Comprendre la psychoéducation

Accompagner un proche victime d’un acte criminel

Deux adultes côte à côte dans un salon chaleureux, l'un soutenant l'autre avec douceur

Quand une personne qu’on aime est victime d’un acte criminel, on se sent souvent démuni. On voudrait apaiser sa souffrance, dire ce qu’il faut, être à la hauteur — sans savoir comment. Sachez d’abord ceci : votre présence, même imparfaite, est déjà précieuse. Voici des repères pour accompagner un proche victime d’un acte criminel avec justesse, tout en prenant soin de vous.

Note : cet article vise à soutenir. Il ne remplace pas un accompagnement professionnel. En cas de danger, composez le 911.

Comprendre ce que votre proche traverse

Après un tel événement, il est fréquent de vivre des reviviscences, de l’évitement, un état d’alerte constant, des sautes d’humeur, de la culpabilité ou un sentiment de détachement. Ces réactions sont des réponses normales à un événement anormal. Le savoir vous aidera à ne pas mal interpréter des comportements qui peuvent surprendre — l’irritabilité, le repli, les silences — et à les accueillir avec patience.

Ce qui aide vraiment

  • Être présent sans forcer. Offrez votre écoute, mais ne poussez jamais la personne à raconter l’événement. Elle en parlera si et quand elle sera prête.
  • Croire et valider. « Je te crois », « ce n’est pas de ta faute », « c’est normal de te sentir comme ça » : ces mots comptent énormément.
  • Respecter son rythme et ses choix. Évitez de décider à sa place. Redonner du contrôle à la personne fait partie de la guérison.
  • Aider concrètement. Accompagner à un rendez-vous, aider dans les démarches, préparer un repas : le soutien pratique allège réellement.
  • Maintenir le lien. Une présence régulière et discrète vaut mieux que de grands gestes ponctuels.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Certaines réactions, même bien intentionnées, blessent : minimiser (« ç’aurait pu être pire »), presser (« il faut que tu passes à autre chose »), culpabiliser (« pourquoi tu étais là? »), ou vouloir tout régler à la place de la personne. Évitez aussi de la submerger de conseils : souvent, une écoute calme vaut mieux que dix solutions.

Encourager l’aide, sans l’imposer

Vous pouvez, doucement, ouvrir la porte à un accompagnement professionnel, surtout si les difficultés persistent ou s’aggravent. Présentez-le comme un soutien, jamais comme une obligation. Si votre proche a un dossier à l’IVAC, un accompagnement en psychoéducation peut être offert dans le cadre de son dossier : la page psychoéducation et dossier IVAC présente les avenues possibles, dans un cadre sûr et sans jamais forcer le récit.

Prenez soin de vous aussi

Soutenir une victime, c’est porter une charge émotionnelle réelle. Il est normal de se sentir impuissant, en colère, épuisé, ou d’être soi-même bouleversé par ce qui est arrivé à l’être cher. Ce qu’on appelle le « traumatisme par ricochet » existe bel et bien. Gardez du temps pour vous, parlez de ce que vous vivez, et n’hésitez pas à chercher du soutien pour vous. On accompagne mieux quand on ne s’épuise pas soi-même.

Ressources d’aide

Pour votre proche comme pour vous, Info-Social est joignable en tout temps au 811, option 2. En cas de danger immédiat, composez le 911. Des ressources spécialisées pour les personnes victimes d’actes criminels et leurs proches existent partout au Québec.

Un proche a été victime d’un acte criminel?

Parlez-nous de votre situation : nous prendrons le temps de vous orienter vers la bonne ressource.

Références et ressources

À propos de l’auteure

Cet article a été rédigé par Marie-Josée Hébert, psychoéducatrice et fondatrice de Soutiensolutions. Voir son profil complet.

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