Comprendre la psychoéducation
Mon enfant a du mal à se faire des amis : soutenir ses habiletés sociales

Voir son enfant rester seul dans la cour, ne pas être invité aux fêtes ou revenir de l’école en disant « personne ne veut jouer avec moi » serre le cœur. Se faire des amis n’est pas inné : c’est un ensemble d’habiletés sociales qui s’apprennent, se pratiquent et se raffinent. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut aider un enfant à les développer, à son rythme. Voici comment.
Pourquoi certains enfants ont plus de mal à se faire des amis
Les raisons sont multiples et rarement inquiétantes en soi. Un enfant peut être plus timide ou réservé de tempérament et avoir besoin de temps pour s’ouvrir. D’autres peinent à lire les codes sociaux : attendre son tour, entrer dans un jeu déjà commencé, décoder qu’un ami est fâché. D’autres encore sont impulsifs et brusquent sans le vouloir. Ce ne sont pas des défauts de caractère, mais des compétences en construction. Comme apprendre à lire, ça se travaille.
Les habiletés qui sous-tendent l’amitié
Derrière « se faire des amis », il y a des micro-compétences concrètes :
- Entrer en contact : saluer, demander « Je peux jouer ? », proposer une activité.
- Partager et coopérer : attendre son tour, prêter, accepter une idée qui n’est pas la sienne.
- Décoder l’autre : remarquer un visage content, déçu ou fâché, et ajuster son comportement.
- Gérer la frustration : perdre à un jeu, se faire dire non, sans que tout s’effondre.
- Réparer : s’excuser, revenir vers l’autre après une chicane.
Repérer laquelle coince chez votre enfant permet de cibler le soutien plutôt que de lui répéter « sois gentil », une consigne trop floue pour être utile.
Comment soutenir votre enfant au quotidien
Quelques pistes simples, à doser selon l’âge :
- Nommez les émotions et les intentions pendant le jeu ou en lisant une histoire : « Regarde, il a l’air triste parce qu’il joue seul. » On muscle ainsi la lecture de l’autre.
- Répétez les scénarios en privé. Jouer « pour vrai » comment demander de se joindre à un jeu, à la maison, enlève la peur le moment venu.
- Provoquez des occasions courtes. Inviter un ami à la fois, pour une durée limitée et autour d’une activité claire, réussit mieux qu’un grand groupe.
- Valorisez les efforts, pas seulement les résultats. « Tu as demandé à jouer, c’était courageux » compte plus que le nombre d’amis.
- Évitez de tout régler à sa place. Écouter et réfléchir ensemble à une solution développe son autonomie mieux que d’appeler l’autre parent.
Quand s’en préoccuper davantage
La solitude occasionnelle est normale, et certains enfants sont simplement heureux avec un ou deux amis. Il vaut toutefois la peine d’en parler à un professionnel si l’isolement dure, s’il s’accompagne de détresse (l’enfant en souffre, pleure, refuse d’aller à l’école), s’il y a des conflits répétés ou de l’intimidation, ou si vous remarquez d’autres difficultés (langage, gestion des émotions, comportements répétitifs). Un regard extérieur aide à distinguer un simple tempérament réservé d’un besoin de soutien plus structuré.
Le soutien de la psychoéducation
Un accompagnement en psychoéducation aide à identifier précisément quelles habiletés sont à renforcer et à outiller le parent avec des stratégies concrètes, adaptées à l’enfant. Le travail se fait souvent par le jeu, dans des mises en situation, et en collaboration avec l’école au besoin. Notre page psychoéducation pour enfant présente notre approche, et l’équipe peut vous orienter vers les bons outils.
Votre enfant aurait besoin d’un coup de pouce pour tisser des liens?
Parlez-nous de votre situation : nous prendrons le temps de vous orienter vers la bonne ressource.





